Arts & Culture 89
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Rubrique Outils didactiques & pédagogiques

Quelques idées pour mettre en place un Cahier de cinéma…

Le 29 janvier 2016

Le cahier de cinéma est la mémoire de l’aventure.

Dans celui-ci, l’enfant conserve les traces de ses rencontres avec les films vus dans le cadre du dispositif. Bien entendu, on peut aussi y trouver tout ce qu’il a pu apprendre à l’occasion d’un travail de préparation ou d’exploitation des films.

De l’ordre de l’exploitation directe

  • transcription des premières paroles collectives après la projection. On peut envisager d’enregistrer ces premiers commentaires sur le « vif » (installer un magnéto à la sortie de la salle où chacun peut donner ses premières impressions ou en classe), pour les reprendre quelques jours après en collectif ou en individuel
  • échanges d’avis critiques et contradictoires (ce que l’on a vu, ce que l’on a ressenti, ce que l’on a compris par notre interprétation)
  • travail autour de l’affiche du film avant, pour émettre des hypothèses sur le scénario par exemple, puis après le film pour comprendre comment l’affiche rend compte du contenu du film, noir et blanc ou couleur, composition, typographie, rapport textes / images…
  • reconstituer le déroulement du film d’après ses souvenirs, en comparant ses souvenirs à ceux d’autres, en utilisant les photogrammes du livre vert
  • résumer l’histoire sur un dessin grand format, sur une feuille quadrillée (BD) ou par des textes écrits
  • choisir un personnage du film et inventer pour lui une nouvelle aventure
  • écrire un nouveau scénario 1) pour que se rencontrent des personnages empruntés aux trois films de la sélection, 2) nouveau voyage en lien avec les lieux des actions
  • le document École et cinéma / élève, nommé « la carte postale » du film, quelle exploitation ? Le garde-t-on comme document à collectionner ou propose-t-on aux enfants de l’intégrer à une production plastique ? En analyse-t-on les images ? Que faire des textes (résumé…) ?
  • exploitation du « cahier de notes sur… » comment l’exploiter avec les élèves (exemples : photocopies de photogrammes à remettre dans l’ordre, étude d’extraits du déroulant ou autres, travail autour de l’analyse de séquence)
  • recherche, débat autour d’un thème lié au film
  • productions d’écrits de différentes natures : résumé du film, article critique pour le journal scolaire, transcriptions d’échanges oraux, synthèse des points de vue divergents…

Pensez à légender clairement toutes ces traces du travail mené avec les élèves (expliciter la démarche en quelques mots, décrire les dispositifs…) de façon que les enfants aient conscience des enjeux de cette activité cinéma. Les familles comprennent alors clairement les compétences visées propres à l’éducation du regard et à la construction d’un sens critique, en lien avec des activités de maîtrise des langages (oral, écrit).

Autour de l’idée de cinéma plus généralement

  • faire un point sur la culture cinématographique de la classe : Qu’est-ce qu’un film ? Qu’as-tu déjà vu ? Il y a sans doute des films dont les enfants ont entendu parler mais qu’ils n’ont pas vus. Faire des observations pour définir et trier dessins animés, film fiction, bande annonce, animation numérique, documentaire…
  • construire un exposé sur les différents métiers du cinéma liés à la naissance d’un film de l’idée originale de départ à la projection en salle
  • effectuer un reportage photo sur une rencontre avec un professionnel du cinéma (qui peut lui aussi donner aux enfants un petit texte sur ses activités) : ensemble des questions des élèves et des réponses données par le projectionniste par exemple
  • établir sur un temps donné une correspondance avec la structure du cinéma associé
  • découvrir des supports d’écrits et d’images spécifiques au cinéma : programme, ticket, support promotionnel pour un film, revues du ciné, affichettes…
  • connaître les différentes étapes de construction d’un film (cf. document J.Marie et (ou) petit guide « orange »)
  • se construire quelques clés de lecture d’un film (cf. les codes cinématographiques)
  • apprendre à faire un interview (du projectionniste) ou un reportage sur le lieu cinéma (compte rendu de la visite de la salle de projection)
  • avoir vu des films en noir et blanc, des films en couleurs, des films muets… et décrire les émotions produites
  • étudier les genres cinématographiques
  • prendre des repères dans l’histoire du cinéma (voir valises pédagogiques)
  • inventer des propositions pédagogiques autour d’un élément précis : le cinéma d’animation, le burlesque, le court métrage, le son et les bruitages, la symbolique de l’image, l’affiche…
  • construire un lexique spécifique au cinéma au fur et à mesure des ateliers de l’année… qui soit illustré (dessin ou photo en situation, par exemple le gros plan : photo d’un enfant en train de filmer très près le sujet ou photo de la la mollette zoom enclenchée ou photo d’un gros plan) ; on peut aller jusqu’à finaliser un travail sur le cadrage, le point de vue par une exposition de photographies, un diaporama, un roman-photo, un travail sur le trucage et le montage par des clips (1 à 2 mn) des courts métrages (3 à 5 mn), un travail sur le bruitage ou la musique de film par une histoire musicale.

De l’ordre de la construction d’une culture commune

Ce sont des pages qui tissent progressivement des réseaux entre le film et d’autres films vus hors temps scolaire, seul, avec des amis, en famille, au ciné ou à la télévision. Des pages qui établissent des liens avec des lectures (romans, BD, conte, mythes, poésies…), des visites au musée, d’autres objets culturels (photographies, vidéos d’artistes, architecture…) « Tiens, ça me rappelle… »

  • construire des ponts avec d’autres arts comme la photographie (image ricochet), la peinture, la sculpture… « Tiens, j’ai déjà vu cela… » Lecture d’œuvres en écho puis pratique en ateliers (dessins, croquis, collages, inventer des personnages par assemblage de matériaux… prises de vues photographiques…) ; on peut d’ailleurs faire des photographies de productions enfantines que l’on colle dans le cahier de cinéma
  • créer des jeux de société en exploitant le récit, le caractère des personnages, les lieux de l’action…
  • se lancer sur la piste du jeu dramatique, du théâtre (déplacements, dire un texte) ou à des chorégraphies en danse (posture, langage du geste, des corps) ; par exemple exploiter les différentes marches des personnages de la petite vendeuse de soleil : le son volontaire des béquilles, les courses effrénées des vendeurs, le déplacement en fauteuil en opposition aux personnages statiques (GM, commissaire, dormeur au sol)… puis photos commentées des postures dans le cahier.

Dans la majorité des cas, les écrits fonctionnels du cahier sont rédigés par les élèves et finalisent bon nombre d’expressions écrites. Parfois le texte reflète les recherches de l’élève, parfois c’est un débat de classe que l’on prend en notes, que l’on imprime ou que l’on recopie. Parfois le document est un « papier choisi » par le maître. L’enfant peut écrire sur son cahier de cinéma ses impressions intimes sur les films.

Autre carnet de bord

L’organisation du cahier tourne autour de l’exploitation film après film de la sélection.

  • Personnaliser le cahier en gardant quelques pages pour que l’enfant ait un lieu d’expression propre de ses émotions par rapport au cinéma, la place du cinéma dans le temps de loisirs de l’enfant.
  • Avant (pour faire des hypothèses autour du titre du film, de l’histoire possible, autour des photogrammes du document) ou après (pour reconstituer le récit, échanger en groupe classe sur les personnages…). Observation active des documents produits par les enfants. Chaque enfant réfléchit ensuite à la manière dont il va exploiter librement son document (cartes postales…).
  • Productions écrites autour du film, relatant les émotions de chacun, ce qui a plu, ce qui a pu choquer… Chaque enfant a pour chaque film une photocopie des réactions sensibles de ses camarades.
  • Se centrer sur l’analyse d’une séquence pour aborder en situation fonctionnelle des éléments de la grammaire cinématographique. Par exemple : voir comment tel ou tel cadrage peut manipuler le regard du spectateur et donc ses émotions. Inventer des images pour faire peur, pour séduire, pour faire rire…
  • Petit travail sur le genre du film vu. Remarquer le rôle du son et de la musique pour souligner les images, le choix des lieux, l’atmosphère propre au genre (western, film d’aventure…).
  • Résumé des échanges en classe autour du thème porteur du film (la différence, les droits de l’enfant, la place dans sa famille…).
  • Une fiche de départ pour faire le point sur les représentations initiales des élèves autour du cinéma : Qu’est ce qu’un film ? La naissance du cinéma ? Tes quelques films préférés…
  • Questionnaire sur le cinéma pour évaluer ce que l’on appris.
  • Petite histoire du cinéma sous forme de frise. En cycle des approfondissements, cycle 3, on peut la mettre en lien avec des évènements socioculturels et (ou) historiques qui influencent les artistes.